Brocard d’été, 31 Juillet 2011

Dimanche 31 Juillet, 18 h, il fait soleil, mais pas trop chaud, un vent léger a soufflé toute la journée. Je prends la décision de partir chasser.
Je rentre doucement dans le chemin qui mène à l’emplacement ou j’ai l’habitude de me garer, il arrive que des Chevreuils soient déjà en dehors du bois, rien aujourd’hui.
Je me gare, cagoule, tenue 3D. Le Buttolo reste dans la voiture, ça m’évitera la tentation de m’en servir, car pour ma part mes différents essais n’ont pas été concluant, pas négatifs non plus car les animaux n’ont pas fuit mais sont resté à leur place, une fois même, 1 brocard appelé s’est couché dans le champ à 50 mètres devant moi et a décidé de ne plus bouger… Donc je préfère m’abstenir que de faire prendre l’habitude aux animaux.
Je passe devant mon Tree Stand (placé à 20 m à l’intérieur du bois à un endroit stratégique), mais le vent n’est pas bon ce soir, je sais +/- ou les chevreuils passent leur journée avant de sortir et le vent souffle dans cette direction. Donc mauvais ils ne remonteront pas sur moi.
Je décide de longer le bois, je passe quelques belles coulées en avançant silencieusement au cas où un animal soit en bordure ; puis je décide de m’arrêter entre 2 coulée desquelles je vois régulièrement sortir des chevreuils.
Il y a un talus le long du bois à cet endroit, et un jeune noyer a poussé le long du champ, ses branches descendent en cloches et masqueront ma silhouette + me permettront d’armer discrètement.
Je retire les feuilles et branches mortes au sol pour pouvoir bouger et me retourner silencieusement si besoin.
Bon, me voilà en place, il fait légèrement chaud, j’ai fais un bon repas chez des amis le midi, il est encore tôt et le sommeil m’appel… Je m’allonge sur le dos dans le talus et je ferme les yeux. 15 minutes Je somnole… Du bruit dans le bois, je me redresse lentement sans bruit, j’écoute encore.
Pas de doute quelque chose approche. Quelques instants plus tard, 1 chèvre sort du bois dans la coulée qui est 15 mètre au dessus de moi. Le palpitant s’accélère, car il y a encore du bruit derrière elle et lors de mes précédente sorties, le brocard était toujours avec. Quelques instants plus tard, c’est un jeune faon qui sort, il a encore des tâches blanche. Il y a toujours du bruit dans le bois, je suis sur que le brocard est là, mais il ne sortira pas.
La chèvre et le Chevrillard restent ¼ d’heure entre 8 et 12 mètre de moi sans me voir, il regarde plusieurs fois dans ma direction, la tenue 3D fait son effet et le vent m’est favorable. Je suis à genoux dans le talus et je commence à avoir des crampes car je glisse en arrière. Je bouge lentement pour changer de position. Ils finissent par rentrer dans le bois par ou ils sont venus, ils ne m’ont ni vu ni senti.
Détente, position plus confortable et nouvelle attente. Une chèvre sort dans le champ 80 à 100 m au dessus de moi (à la coulée du Tree Stand), se balade au champ puis décide de rentrer dans le bois.
Nouvelle attente, cette fois-ci, pas de craquement, mais je vois une chèvre sortir de la même coulée que la première mais seule (la même sans le faon ?), elle sort à 15 m à ma gauche, passe devant moi à 10 m et rentre dans la coulée qui est en dessous de moi. La scène dure environ 10mn.
21h15, nouveau chevreuil qui sort à l’endroit du Tree stand, il va faire un tour dans le champ et redescend sur moi… Je suis persuadé que c’est une chèvre ; mais oh surprise ! Il arrive à 8 m de moi la tête baissée (3/4 avant) et je distingue 2 bois entre ses oreilles !
Le palpitant s’accélère, ce n’est pas celui que j’ai l’habitude de voir, il est jeune, 1 bois long de 10-12 cm et l’autre plus court à 7/8 cm. Aucune fourche.
Je ne peux pas armer en ¾ avant, il me verrait + zone vitale protégée. Il avance encore, puis décide de s’éloigner dans le champ ! Il est en cul… Toujours pas de tir possible.
Il s’arrête à environ 15 m, zut, ça commence à faire loin. Puis se tourne plein travers, légèrement ¾ arrière. Je me calme, je réfléchi vite, le tir est possible, oublier la distance, à l’entrainement je tire jusqu’à 20 m ! Prendre un point, surtout ne pas tirer la masse !
Il y a du bruit dans le bois à ma gauche (l’endroit ou est rentrée la chèvre). J’arme lentement, la flèche part ! Il fait un bond en avant à la décoche et je vois ma flèche rentrer juste derrière la cage thoracique et disparaitre; le bruit est sourd et « creux ».
Il avance de 25 /30 mètres et se couche dans le champ. Tête dressée il observe et écoute, il n’a pas compris ce qui vient de se passer.
Je regarde l’heure, 21h26, l’attente commence. Des questions aussi… Pourquoi a-t-il avancé ? Saut de corde ? Il était sur l’œil avec la chèvre en dessous de nous ? Ais-je bien vu ma flèche, est-il touché et si oui là ou je pense ? Mais oui, il est touché, le bruit de l’impact c’est sur ! Observe et attend.
10mn, il se relève mais reste sur les genoux et se couche à nouveau, à nouveau 10/15 mn, il se relève sur les 4 pattes cette fois et se recouche encore.
Presque 22 h, je commence à mal le distinguer. Il se relève encore et cette fois ci et avance péniblement vers le bois, il rentre dans le bois 30/35 mètre à ma gauche. Je connais l’endroit : roncier d’épine noire. Il fait nuit, je bouge lentement et sans bruit, jusqu’à l’anschluss, je retrouve ma flèche fichée en terre, sang et contenu stomacal… Je la laisse plantée à la verticale, il fait nuit maintenant.
Je sais ce qui me reste à faire, je téléphone à David (conducteur de chien de sang), David chasse à l’arc et connait bien la chasse. Je lui raconte mon histoire. Le verdict tombe et me rassure, on va le trouver en moins d’un quart d’heure ton brocard, il est là. RDV est pris à 6h30 le lendemain matin.
Arrivée sur place à 6h30, échanges, on se prépare ; 6h40 nous retrouvons ma flèche, le chien sent, la queue s’agite, il part en direction de la couchette, ne marque pas d’arrêt, descend sur le bois, du sang à l’entrée du bois (je n’en ai pas vu avant), roncier, le chien rentre, David à 4 pattes et moi derrière.
3 minutes à peine, le chevreuil est là, il essaye de se relever, le chien bondi le plaque au sol, j’arrive quelques instants après David et je sers ce jeune brocard comme il se doit pour abréger sa souffrance. La flèche est rentrée pile là ou je l’ai vu, 5cm trop en arrière, les poumons ne sont pas touchés…
Je regarde l’heure, il est 6h46, David s’est trompé, il n’aura pas mis ¼ d’heure mais à peine plus de 5 minutes. Lol. Merci à lui et à son chien pour cette recherche et cette action rondement menée.
Je suis soulagé de cette issue, une mauvaise flèche qui se termine « bien », l’animal a passé la nuit à souffrir, je n’aime pas ça, mais bon… Ca fait aussi partie de la chasse.
Le chien est un rouge de Bavière, exceptionnel ! Il connait parfaitement son affaire et son maitre aussi.
L’arc utilisé est un Fidjbow SM de 54 livres à mon allonge (26,5 ’’), fût bois et lame STOS de 145 grains.